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Agoride : Ta journée de rêve de skieur ?
Lilian Iribarnes : Etre dans un endroit unique, comme l’Alaska... Tu es bloqué par gros mauvais temps, puis un matin tu te lèves tôt et tu as la pure journée dont tu te rappelleras toute ta vie : de la neige, du soleil, un hélico, des potes... Et puis aussi faire des rencontres mythiques... être bien encadré... Ce serait une journée monstrueuse comme ça, à ne plus vouloir s’arrêter de skier, admirer un coucher de soleil au sommet, et finir dans un refuge à manger, à rigoler, à chanter... (rires)
Ma journée de rêve ? Ca serait une journée de peuf monstrueuse, à ne plus vouloir s’arrêter de skier.
A : Quels sont tes projets ?
LI : Je gère ma vie en fonction du ski : je fais tout pour skier le plus possible.
J’organise mes voyages, j’essaie de shooter avec des photographes locaux. Si
cela n’intéresse pas les sponsors, je ferai mon chemin quand même, d’une
façon différente. Je sais qu’après le ski, ma reconversion sera assurée. Je
n’ai pas de souci de ce coté là, alors j’en profite pour skier à 100 %.
A : Quelle sera ta reconversion ?
LI : La lutherie. La musique est ma deuxième passion après le ski. Je suis
diplômé en ébénisterie. Pour financer ma passion, je travaille en menuiserie. Mon projet est de devenir facteur de guitares.
A : Quelles sont tes influences musicales ?
LI : Ca va dans tous les sens, acoustique, électrique, rap, jazz... Je suis pas
mal branché fusion, mélange des styles. J’aime bien le rock... J’aime les
musiques électroniques aussi, la funk... J’aime la musique tant qu’il y a
quelque chose d’authentique... J’aime aussi le classique.
A : As-tu commencé à fabriquer des instruments ?
LI : J’ai déjà réalisé deux guitares, l’une classique, l’autre électrique. Mais
pour l’instant je donne la priorité au ski.
A : Quel plaisir trouves-tu dans la lutherie ?
LI : Le fait de chercher à atteindre la perfection, chose à laquelle tu ne parviens jamais... Tout le travail est intéressant. La récompense c’est quand tu montes les cordes et que ça sonne juste. C’est un grand moment.
A : Est-ce que tu vois des points communs entre le ski et la lutherie ?
LI : Je m’évade. C’est des moments de liberté, de plaisir. On sort de la routine.
Et pour ma part, il y a ce côté perfectionniste, toujours être au top. De
ce fait je suis rarement satisfait.
A : Ton avis sur la compétition ?
LI : Je pense qu’il y a des skieurs qui viennent de la compétition et qui savent
gérer la pression. En ce qui me concerne, je n’en ai pas l’habitude. Ceci dit c’est un bon moyen pour se retrouver, se rassembler entre passionnés.
A : Un de tes plus beaux souvenir de ski ?
LI : Il y a deux ans, l’hiver où il y a eu plein de neige : la découverte de
nouvelles pentes dans les Aravis, en particulier le couloir des croix.
C’était le bonheur d’y aller et de faire la première trace. J’appelais ça
l’Alaska. J’étais tout le temps là-bas, c’était gavé, gavé, gavé... Il y a
aussi mon trip en Nouvelle-Zélande l’année dernière : des souvenirs de
rencontres... En dix minutes tu peux te retrouver au bout du monde à skier
de la peuf avec vue sur un lac et un arc-en-ciel... Que demander de plus ?
A : Tu emmènes une guitare dans tes trips ?
LI : J’en prépare une petite. L’année dernière j’en avais pas et ça a été très
dur! (rires).
Texte et photos : Pascal Lebeau
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