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Photographe de ski : Stéphane Godin
Ski 13/12/2006 Photographe de ski : Stéphane Godin
Cet artiste jurassien nous explique sa vision du métier. Construire une image avec le rider en fonction de l’environnement, plutôt que se positionner en simple témoin passif.
Stéphane Godin Nom : Stéphane Godin
Age : 35
Domicile : Montgirod 73700 les chapelles
Magazines : Ski mag, Skieur
Contact : www.stephane-godin.com
 
 
Nicolas Kachelhoffer Adrien Coirier Agoride : Qu'est-ce qui t'a donné envie d'exercer ce métier ?
Stéphane Godin : Depuis tout gamin, je suis attiré par la couleur. Je faisais déjà de la peinture mais bon, dans le Jura, ma région d'origine, les paysages sont beaux mais les lumières fugaces. Un jour, je suis parti avec un minuscule appareil photo compact, et j'ai été très déçu du résultat. Plus tard, c'est lors d'un stage en entreprise au lycée que j'ai découvert la diapo et ce fut la révélation. Vers 15 ans, j'ai eu mon premier reflex et depuis ce jour, je n'ai plus arrêté.
Le passage au professionnalisme s'est fait simplement. Un BTS de paysagiste en poche, je devais rentrer dans le monde du travail un peu à reculons. J'ai alors choisi de passer des concours photos et je suis parti 3 ans à Metz pour passer le brevet de maîtrise de photographie professionnel.
 
A : Comment as-tu débarqué dans le monde du ski ?
SG : J'ai toujours adoré le ski, mais vers 18 ans, j'ai eu un très grave accident de foot qui m'a détruit le genou. Plus de ski du tout et plus de sport non plus (selon les toubibs). Dur dur... mais bon, après mes études de photo, je suis venu sur Grenoble y chercher du boulot. J'ai été embauché dans l'agence Foc. On réalisait des plaquettes pour les stations, je me suis remis un peu au ski doucement et voilà.
 
Thibault Duchosal Thibault Duchosal A : Selon toi, qu'est-ce qui est important pour faire un bon photographe de ski ?
SG : Apparemment, il n'est pas nécessaire d'être un skieur qui envoie car ce n'est pas mon cas. Je pense qu'il faut avoir une bonne lecture du paysage et surtout, savoir ce que l'on veut faire et diriger les riders. Le fait de shooter d'en face un mec qui descend une montagne, c'est finalement très simple. Mais sortir un reportage du fin fond de l'Ukraine dans une station où il n'y a pas de pente et 2 tires fesse, c'est beaucoup plus dur. Il faut se décarcasser pour choisir les lumières et les cadrages. Après, c'est chacun son style. Je suis plutôt du genre à mettre des skieurs dans de beaux paysages qu'à « shooter » des riders.
 
A : Quels sont les riders avec qui tu préfères travailler, et pourquoi ?
SG : Il y a plusieurs riders avec qui j'aime travailler, je ne vais pas les citer mais ils se reconnaîtront. Ce sont souvent les mêmes noms que l'on retrouve dans mes reportages. En fait, j'aime bien travailler avec les riders qui me font confiance. Quand je leurs dit qu'il y a une belle image ici ou là, ils me croient et font en sorte qu'on la réalise. Et ça marche. On est dans la même optique, faire de belles images. Il y a bien sur plusieurs possibilités. Shooter un mec qui saute une grosse barre, c'est facile. Là, c'est le rider qui dit ce qu'il veut faire et tu te places au mieux. Mais l'autre possibilité, c'est de voir la photo tout de suite et d'expliquer au skieur ou passer, ou faire son virage, etc. L'expérience du rider compte beaucoup car en général, on regarde le résultat et on corrige la fois suivante. Je dirais que dans ce cas, les skieurs sont des figurants ou des acteurs, mais tous n'acceptent pas ces contraintes. Mais bon, il faut croire que la méthode fonctionne car on publie quasiment l'intégralité de nos reportages.
 
Thibault Duchosal Islande, lac de Jjkulson
 
Hervé Gouy
 
A : Pourquoi aimes-tu ce métier ?
SG :Trop de choses à dire... Mais pour simplifier, c'est le fait d'être en extérieur et d'avoir des horaires libres, les nombreux voyages, et la technologie.

A : En dehors du ski, y a-t-il d'autres univers dans lesquels tu travailles la photographie ?
SG: Le paysage et la nature. J'ai touché à la pub en studio et aussi à l'architecture. J'aime bien mais bon, un magnifique paysage baigné d'une lumière magique, ça surclasse tout.

A : Ton meilleur souvenir de photographe ?
SG : Lorsque j'étais à l'armée, je n'avais que 3 jours de perm. tous les 15 jours pour rentrer dans le Jura. Le fait d'être resté enfermé 15 jours dans une guérite m'avais rendu dingue, alors pour ces 3 jours de libre, j'étais venu me ressourcer au bord d'un lac avant le levé du soleil. Et là, magie ! Le soleil apparut et éclaira la brume matinale, les gouttes d'eau scintillaient sur les branches, le lac était lisse comme un miroir, le top.
 
A : Argentique ou numérique ?
SG : Numérique depuis que l'EOS 1DS MKII est sorti. 16 mpix, c'est bon pour les paysages, ça vaut un moyen format argentique. Le post traitement te permet de travailler tes fichiers Raw comme tu le ferais en tirage labo classique, mais sans les produits ni les essais de développement. Par contre ça prend du temps par rapport à la diapo.
 
Vallée de la Mort, USA
 
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vass le 18/12/2006 à 19h26
Les photos sont magnifiques et les rider bien mis en valeur bon travail et bonne continuation
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