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Pour vous décrire la technique d'utilisation d'un ARVA, et plus généralement pour vous rappeler les règles essentielles de préparation d'une journée hors des pistes, nous nous sommes appuyés sur l'expertise de Manu Gaidet. Manu Gaidet est triple champion du Monde de freeride (03, 04, 05), cela en fait logiquement un skieur pas trop mauvais. Mais plus que ça, il est également guide de haute montagne, autrement dit un vrai professionnel de la montagne, formé pour assurer la sécurité de ses clients. Difficile de faire mieux comme consultant.
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| LA PREPARATION |
La veille -alimentaire : une journée hors des pistes, voir en haute montagne, nécessite plus de ressources physiques qu'une journée sur les pistes balisées. Par conséquent, préférez un repas constitué de sucres lents la veille de votre sortie (pâtes, riz ou pomme de terre). -météo : il est primordial de s'intéresser aux conditions climatiques qui vous attendent. Le temps change vite en montagne. Ne vous contentez pas de suivre le bulletin météo national du JT de 20h00, beaucoup trop imprécis pour vous. Il existe des bulletins météo spécialement dédiés à la montagne, et très localisés. Tél : 08 92 68 02 +n° dpt ou www.meteofrance.com -matériel : bien vérifier l'état de son matos. Un problème de fixations aura plus de conséquences que si vous êtes sur les pistes. Pour les skieurs, il est conseillé de durcir ses fixations d'une bonne dizaine de kilos.
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N'oubliez rien :
Casque : on n'est jamais trop prudent Masque : mieux que des lunettes de soleil pour se protéger de la poudreuse ARVA : interdiction absolue de sortir sans lui sonde : en raison de la profondeur de neige sous laquelle peut se trouver la victime, il sera indispensable d'avoir une sonde pour une localisation plus rapide, et surtout éviter de creuser un trou de 4 mètres de diamètre. pelle : même localisée avec précision, si une victime se trouve sous un mètre de neige, vous serez totalement impuissant pour la dégager si vous n'avez pas une pelle
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-collègue : Et oui, ça peut sembler évident mais il n'est pas inutile de le rappeler. Ne partez pas seul en freeride. S'il vous arrive un pépin, qui pourra prévenir les secours ou vous rechercher sous une avalanche ? Partez toujours au minimum à deux. Un seul ARVA ne sert à rien.
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| LE MATIN MEME |
-avertir : dites à vos proches que vous partez pour une session freeride, donnez-leur votre itinéraire exact, ainsi que votre heure de retour. -les pisteurs : aller rencontrer les pisteurs pour obtenir des informations sur la qualité du manteau neigeux et le risque d'avalanche. Vous pouvez généralement les trouver au pied ou au sommet des remontées mécaniques. Le cas échéant, s'ils vous déconseillent de sortir, écoutez-les !
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| LE DEPART |
Dès que la journée commence, chacun allume son ARVA, et le met en position émission. Vous ne les éteindrez que le soir, une fois rentré à la maison. L'ARVA se place fixé sur soi, sous sa veste. Le laisser dans son sac est dangereux. Dans bien des cas d'avalanches, le sac à dos est arraché à la victime, et peux être retrouvé à plusieurs dizaines de mètres d'elle.
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| EN CAS D'ACCIDENT |
Mettre son ARVA en position « réception » afin d'entamer les recherches de la personne emportée par l'avalanche. Si vous êtes plusieurs à effectuer les recherches, chacun doit également mettre son ARVA en position réception.
1 : recherche du signal
Mettre l'ARVA en position de réception la plus sensible (plus grande distance). Selon les marques d'appareils, le curseur peut proposer jusqu'à 50 à 80 mètres de distance de réception. On part alors à la recherche d'un signal. Pour cela, on descend en zigzag, en partant du point de départ de l'avalanche, pour être sûr de n'omettre aucune zone. Votre parcours devra aussi balayer la totalité de la largeur de l'avalanche.
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2 : définition d'une zone de recherche
Une fois le signal obtenu, on va délimiter une zone de recherche et la matérialiser visuellement (ici, par les batons de ski). La base ce cette zone, en forme de rectangle, est située en amont de la pente, là où on a obtenu le 1er signal. Note importante : si vous avez assisté à l'accident, vous pouvez gagner du temps en définissant le début de la zone de recherche au dernier point où vous avez vu la victime avant qu'elle ne disparaisse sous la neige (on n'a rarement vu d'avalanche remonter la montagne).
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3 : Méthode en croix
A partir du moment où la zone de recherche est définie, on change de technique pour adopter celle de la « méthode en croix ». Cette technique consiste à partir en ligne droite dans l'axe de la pente (vers l'aval). Le signal sonore de l'ARVA doit augmenter... puis diminuer. Au fur et à mesure que le signal s'intensifie, on diminue la sensibilité de l'appareil. Lorsque le signal diminue, cela signifie que l'on s'éloigne de la victime. On revient alors sur ses pas, jusqu'à obtenir le signal nous paraissant le plus intense.
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A ce moment précis, on part alors dans un deuxième axe, perpendiculaire au premier (d'où le nom « méthode en croix »), et on renouvelle la même opération. On part dans une direction jusqu'à perdre le signal, puis on revient sur nos pas pour déterminer à nouveau où le signal est le plus fort. On continue à diminuer la sensibilité de l'ARVA car nous nous rapprochons de plus en plus de la victime. Revenu au point où le signal est le plus fort, on repart à nouveau dans un axe perpendiculaire pour affiner la recherche. Renouveler l'opération autant de fois que nécessaire pour arriver à la sensibilité maximale de l'appareil (moins d'un mètre).
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4 : Balayage manuel
Lorsque votre appareil est en sensibilité maximale, c'est que vous êtes très proche de la victime (1 à 2 mètres). Balayez alors la zone en approchant l'ARVA au ras de la neige. A l'endroit où le signal est maxi, creusez !
Note importante : si vous ne parvenez pas à obtenir un signal à moins de deux mètres de précision, c'est peut-être parce que la victime est coincée sous deux mètres de neige (parfois plus sur de grosses avalanches). Dans ce cas précis, vous devrez tenter de la localiser à l'aide de la sonde en transperçant le manteau neigeux. La victime doit se trouver là où vous observez une résistance.
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ATTENTION : ARVA et téléphones portables
On sait maintenant de source sûre qu'ARVA et téléphones portables ne font pas bon ménages. Alors, oui, emmener son téléphone portable peut être très utile si vous partez en freeride, mais seulement pour prévenir les secours en cas d'accident. En d'autres termes, ne ridez jamais avec votre téléphone allumé. Plusieurs accidents ont mis sur le devant de la scène le problême des interférences qui peuvent survenir entre ARVA en réception et téléphones portables allumés.
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| CONCLUSION |
Lire et relire ce guide ne suffit pas. Réalisez des simulations et exercez-vous de nombreuses fois avant d'espérer être opérationnel. D'autant qu'en cas d'accident, le stress (voir la panique) compliquent souvent les opérations. Enfin n'oubliez pas, être équipé et entraînés au maniement de l'ARVA ne doit pas vous dispense pas de faire preuve de prudence. L'ARVA augmente les chances de survie en cas d'accident, mais ne vous rend pas invincible.
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